Papy’art – Sérigraphie

Papy’art – Sérigraphie

Rencontre avec un acteur implanté depuis ses 19 ans dans les pentes de la Croix-Rousse. Il nous livre son expérience sur la sérigraphie, l’évolution du message et de son quartier. Entouré de posters de la révolution espagnol, nous découvrons un passionné qui nous a ouvert les portes de son lieu associatif, mêlant bar, atelier et bureau.

 

Comment vous est venu cette passion pour la sérigraphie ?

 

Ma passion est tout d’abord esthétique. J’ai commencé par lire des comics, autour de 16 ans, et le coté graphique m’a toujours attiré. J’ai également grandi avec les affiches de mai 68. J’ai découvert également tous les courants révolutionnaires qui s’étaient servis de la sérigraphie, de la révolution espagnole, aux affiches contre la guerre du Vietnam en passant par Andy Warhol.

 

Pourquoi avoir faire le choix du 1er ?

 

Le choix de la Croix-Rousse s’était fait naturellement car c’était un quartier très pauvre, avec des loyers peu chers (loi de 48, qui empêchait les propriétaires d’augmenter le loyer). Dans les années 70, personne ne voulait venir mais pour nous c’était la possibilité de s’offrir un local collectif assez grand ou nous pouvions travailler, et ce depuis mes 19 ans. Si l’on prend le quartier de la Grande Côte, par exemple, il était déjà très vivant populaire mais toujours avec une réputation « infréquentable ». Il y avait déjà une activité d’imprimerie dans le quartier.

Au début, on a commencé à former les gens à la sérigraphie, à faire les premiers « dazibao » en 75 environ, avec le comité populaire de la Croix-Rousse qui s’était créé pour lutter contre la rénovation de la montée de la grande côte et le projet du maire Louis Pradel.

 

Les messages ont-ils changés ?

 

Oui on peut dire que ça a changé, que ce soit dans l’affichage des symboles (mitraillette sur l’affiche contre la guerre du Vietnam) ou le message.

Avant, les gens venaient et proposaient des idées d’affiches puis les collaient eux-mêmes (que ce soit en bas de leur boite aux lettres) ou par distribution

Il s’agissait avant tout de faire des appels au rassemblement avec des messages de lutte.

Le souhait était avant tout la réappropriation des moyens, on peut en faire sur n’importe quel support (parallèle avec l’impression numérique, très cadrée, sur papier brillant par exemple) on est plus sur du message brut. Aujourd’hui on peut créer sur différents supports, sans forcément que cela soit politisé. On le voit avant les changements de support, comme les tote bag qui sont très demandés.

 

Quels sont les avantages ?

 

Pour faire de la sérigraphie on a pas besoin de gros moyens, avec du matériel chez soi et même sans électricité on peut en faire. L’encre à l’eau aujourd’hui, permet de nettoyer facilement et d’en faire partout sans forcément avoir de gros moyens. La sérigraphie a toujours été revendicative sans être agressive.

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